Le Senegal, premier terrain d’actions du Fonds de Soutien la Coupole

« Dans les pays en voie de développement, les gens tombent malades parce qu’ils sont pauvres, ils s’appauvrissent davantage parce qu’ils sont malades ; et voient leur état de mal empirer du fait de la misère accrue » (Sir Edwin, médecin économiste). »

Les cases et postes de santé : l'échelon de proximité fondamental pour Alexandra Daninos, présidente fondatrice du FDS

“Les cases et les postes de santé sont l’axe prioritaire de nos actions au Sénégal. Car ce sont eux vers qui se tournent en premier les Sénégalais,  que ce soit pour de la bobologie, du suivi de traitement ou même les premiers soins en cas d’accident. Ils sont à la base du système de santé du Sénégal et accueillent toutes les couches de population, du nourrisson à la personne âgée, et toutes les personnes en situation de faiblesse et de précarité.Pourtant ces établissements n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à leurs missions. Ce sont les oubliés du système alors qu’ils sont fondamentaux.

Voilà pourquoi nous estimons qu’ils sont notre priorité. Dans les cases et les postes de santé, notre engagement prend tout son sens : protéger les plus faibles et mieux les accompagner au quotidien”.

Localisation des actions du FDS La Coupole depuis sa création

Etat des lieux du pays Sénégal

Situé en Afrique de l’Ouest sur la côte Atlantique, le Sénégal est engagé depuis quelques années dans une dynamique économique soutenue ; avec une croissance qui augmente d’année en année depuis 2015, le FMI parie sur un taux de 2% en 2018. 

Par ailleurs, depuis l’élection présidentielle de 2000 (victoire d’Abdoulaye Wade face à Abdou Diouf) et cette première alternance politique depuis l’indépendance, le Sénégal représente un modèle de stabilité et de démocratie.  L’apaisement de la crise en Casamance, notamment à la faveur du changement de pouvoir en Gambie début 2017, devrait renforcer l’image positive du Sénégal, considéré comme l’un des pays les plus dynamiques de cette région d’Afrique.

L’état doit faire face à trois enjeux majeurs : 

  • renforcer la compétitivité de son tissu des PME,
  • attirer l’investissement étranger
  • et traduire cette croissance régulière dans le quotidien des Sénégalais.

Car  la pauvreté reste élevée : presque la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage demeure important. L’espérance de vie des Sénégalais s’élève à 66,7 ans (Banque mondiale, 2015) et le pays est classé 162 ème sur 188 pays (PNUD, 2016) en terme d’indice de développement humain. En janvier 2018, la chanteuse Rihanna a appelé les états riches du monde  à apporter leur aide pour améliorer le systèmes éducatif au Sénégal et ses ressources.

Peut-être la restructuration administrative du pays sera-telle bénéfique au système de santé, dont la gestion pyramidale correspond relativement au découpage administratif. Porté par le président Sall, l’acte III de la décentralisation a ainsi transformé les communautés rurales en communes et rationalise le découpage des collectivités locales.  Avec une densité de 68,9 habitants/ km², la population apparaît très inégalement répartie entre les régions du Sénégal, de plus de 3 659 hab/ km² à Dakar à un peu plus de 8 hab/ km² dans la région la plus rurale et la moins développée ; le taux d’urbanisation s’élève à 46,8%.

La situation sanitaire du Sénégal

Depuis la fin des années 70, le Sénégal s’est fixé trois objectifs :

  • la réduction de la mortalité maternelle
  • la réduction de la mortalité infantile et juvénile
  • la maitrise de la fécondité.

L’état a également pris à bras le corps des campagnes de vaccination à destination des nouveaux-nés, la prévention et le traitement des principales maladies mortelles : paludisme, tuberculose, VIH avec des campagnes de prévention et de sensibilisation dédiées.

Début 2018, une nouvelle problématique s’impose aux autorités sanitaires : les accidents de la route sont en effet la première cause de traumatologie du pays. Le gouvernement a pris en février 2018 des mesures drastiques, dont celui d’interdire la circulation sur les routes périurbaines la nuit entre 22h et 6h du matin pour réduire les accidents. Dans la même perspective, le gouvernement instituera un permis à points en vigueur dès le second semestre 2018.

Le système de santé sénégalais fait face à des difficultés majeures :

  • Le financement des médicaments provient à 80 % de la population et à 10 % de l’Etat, ce qui ne permet pas à beaucoup de malades de se soigner
  • le manque de ressources en matériel et en équipes soignantes, global et inégalement répartis entre les structures
  • Enfin la mauvaise perception de la population sur la nécessité d’utiliser les services de santé témoigne d’un besoin absolu d’éducation et de sensibilisation de la population sur la demande des services de soins essentiels.

D’autres facteurs externes à l’organisation du système de santé ont un impact sur la situation sociale et sanitaire du Sénégal : l’accroissement naturel fort, la destructuration de la cellule familiale qui accompagne l’urbanisation et le travail des femmes, le réchauffement climatique qui pousse les agriculteurs à abandonner les cultures vivrières et accentue l’érosion des côtes. Ces évolutions sociales et climatiques s’imposent de manière brutale et complexe. 

Fonctionnement du système de santé sénégalais

Le système sanitaire est organisé selon un schéma pyramidal à 3 niveaux :

  • L’échelon périphérique qui correspond au district sanitaire*
  • L’échelon régional qui correspond de la région médicale**
  • L’échelon central***.

Pour résumer, la pyramide de santé sénégalaise compte au sommet l’hôpital de référence, le centre de santé au niveau intermédiaire et les postes de santé au niveau périphérique.

À côté de ce système de santé publique, le secteur privé, bien développé, et la médecine traditionnelle assurent une part non négligeable des soins de santé.

En 2012, à titre indicatif et à mettre en regard des 15,7 millions d’habitants (ANSD, 2018), le Sénégal comptait :

  • 14 régions médicales,
  • 35 hôpitaux (dont 2 non fonctionnels),
  • 76 districts sanitaires,
  • 89 centres de santé, dont 20 sont en réalité des postes de santé,
  • 1257 postes de santé dont 1035 fonctionnels,
  • 2 centres psychiatriques.

*Le niveau périphérique opérationnel qui constitue la base de la pyramide correspond au district sanitaire. Chaque district couvre une zone géographique pouvant aller d’une partie de département à un département entier ; il est composé d’au moins un centre de santé et de postes de santé implantés dans les communes, les chefs-lieux de communautés rurales ou les villages relativement peuplés. Les postes de santé sont soutenus au niveau rural par des infrastructures communautaires (case de santé et maternité rurales).

Chaque district sanitaire est sous la responsabilité d’un médecin-chef.

**Le niveau intermédiaire, qui correspond à la région médicale, est chargé de mettre en action les politiques et stratégies de santé. Il en existe une dans chaque région administrative. La région médicale est ainsi chargée de l’organisation de la collaboration entre les différentes structures, l’inspection de ces structures et la formation médicale continue de ses agents de santé.

Elle est dirigée par un médecin-chef de région pour la planification, l’évaluation, la gestion, la coordination et la supervision de l’action sanitaire sur toute l’étendue géographique de la région. Il y’a au moins un hôpital dans chaque région médicale.

***Le niveau central comprend le cabinet du ministre, les directions et services de santé chargés entre autre d’élaborer les politiques de santé et de mobiliser et fournir les ressources nécessaires pour atteindre les objectifs sanitaires. Ses prérogatives sont la formulation des politiques de santé, l’affectation des ressources, le contrôle et la réglementation des structures de niveau inférieur, l’appui technique et stratégique aux régions et enfin la coordination de l’action des partenaires internationaux.

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